HERITAGE RECORD

Mosquée Qingjing

En l'an 1009 de notre ère, des marchands musulmans installés à Quanzhou élevèrent la mosquée d'Ashab hors les murs de la ville. Les fidèles se purifiaient près du vieux puits, montaient sur la plateforme d'observation de la lune pour scruter la phase lunaire du Ramadan, puis priaient tournés vers La Mecque ; au cours des trois siècles suivants, la ville de Quanzhou s'étendit vers le sud et intégra le temple dans ses rues, et des gens de Chiraz revinrent le restaurer. Une inscription arabe, un édit impérial des Ming et des stèles en chinois consignent les années qui suivirent pour cette mosquée de marchands d'outre-mer.

Périodes
Dynastie des Song du Nord
Régions
Fujian
LOCATION
Rue Tumen, district de Licheng, Quanzhou, province du Fujian
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Mosquée Qingjing - qingjingsi old 01
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Introduction

La deuxième année de l’ère Dazhong Xiangfu des Song du Nord (1009), des marchands musulmans installés à Quanzhou élevèrent une mosquée hors les murs de la ville. L’inscription arabe placée au-dessus de l’arc brisé du portail la nomme « mosquée d’Ashab », c’est-à-dire mosquée des Saints Amis, et précise qu’il s’agissait de « la première mosquée pour les gens de ce lieu ». À cette époque, la Surintendance du commerce maritime de Quanzhou n’avait pas encore été instituée, mais le commerce par voie de mer avait déjà amené jusqu’à la ville des marchands de Perse, d’Arabie et d’autres contrées. Ils y géraient leurs marchandises et vivaient en communauté, et ils bâtirent aussi un lieu pour la prière commune.

Les fidèles puisaient l’eau du vieux puits du sanctuaire pour se purifier, montaient sur la plateforme d’observation de la lune du portail pour scruter la phase lunaire du Ramadan, puis entraient dans la salle de prière pour prier tournés plein ouest, en direction de La Mecque. Le mur du mihrab ne portait aucune image ; ses niches et ses linteaux étaient couverts de versets en arabe évoquant tantôt le commerce, tantôt les navires cinglant au loin sur les mers. Ces textes s’adressaient précisément à une communauté de fidèles qui vivait de la navigation et du commerce. Aux XIIe et XIIIe siècles, le quartier des marchands étrangers ne cessa de s’étendre et la ville de Quanzhou gagna vers le sud, si bien que la mosquée Qingjing, jadis hors les murs, se trouva intégrée à la ville.

Plus de trois siècles après, un musulman venu de Chiraz, en Perse, réapparaît dans l’inscription du portail. En l’an 710 de l’Hégire, soit entre 1310 et 1311 de notre ère, il rehaussa la coupole, élargit le passage, reconstruisit la porte du temple et rénova les fenêtres, fixant ainsi la disposition principale de l’ensemble architectural conservé aujourd’hui. Depuis lors, la dynastie, la ville et les habitants des environs du temple ont changé à maintes reprises, mais la direction de la prière à l’intérieur du portail est toujours restée tournée vers l’ouest.

À la fin des Yuan, Quanzhou subit la rébellion d’Ispah, qui dura près de dix ans. Le Quanzhou Fuzhi rapporte que, la dix-septième année de l’ère Zhizheng (1357), Saifuding et Amilideng s’emparèrent de Quanzhou ; la vingt-deuxième année de Zhizheng (1362), Nawuna occupa de nouveau la ville, puis, une fois les troupes impériales entrées, il fut capturé, après quoi Chen Youding prit Quanzhou. Les milices locales, l’armée d’Ispah et les troupes impériales des Yuan se disputèrent la ville à plusieurs reprises ; les mosquées tombèrent en ruine du fait de la guerre et les activités de prière en furent également affectées.

La cinquième année de l’ère Yongle (1407), l’empereur Chengzu des Ming octroya un édit impérial au missionnaire islamique Miri Haji, ordonnant aux fonctionnaires, soldats et sujets rencontrés en chemin de ne point le « dédaigner, humilier ni brimer », les contrevenants devant être punis. Cet édit fut par la suite gravé dans les mosquées de Quanzhou et d’ailleurs, et la stèle conservée à la mosquée Qingjing en est l’une d’elles. La trente-septième année de l’ère Wanli (1609), Li Guangjin rédigea la Notice de la Reconstruction de la Mosquée Qingjing : il exposa d’abord aux lecteurs chinois la prière vers l’ouest, le jeûne et les ablutions, ainsi que l’absence d’offrandes, puis il décrivit la coupole, les baies des portes, les colonnes de pierre et les fenêtres respectivement comme le Taiji, les deux principes, les quatre figures, les huit trigrammes, les douze mois et les vingt-quatre périodes solaires. C’est ainsi qu’un lettré de l’époque Ming, empruntant à un ordre cosmique qui lui était familier, expliqua un à un les éléments de cet édifice islamique qu’il avait sous les yeux.

Lorsque Li Guangjin écrivait, la mosquée Qingjing venait de subir un tremblement de terre, des tempêtes et des pluies continues, et ses bâtiments « chancelaient et s’effondraient chaque jour davantage ». L’administrateur Xia Riyu, accompagné des anciens et des jeunes de la communauté, demanda qu’on la restaurât : qui avait de l’argent en donnait, qui n’en avait pas donnait sa peine, et ceux qui réparèrent « rapiécèrent ce qui était endommagé, redressèrent ce qui penchait et relevèrent ce qui était tombé ». Environ trois siècles plus tard, Arnáiz photographia le portail et la salle de prière vers 1910 : la coupole et la frise épigraphique arabe étaient encore là, mais la salle de prière n’avait plus de toit et il ne restait que les baies, les niches et les murs de pierre. Aujourd’hui, en franchissant la porte de pierre de la mosquée Qingjing, on a encore au-dessus de la tête l’arabe qui consigne la fondation de 1009 et la restauration de 1310, à côté se dressent l’édit impérial de l’empereur Ming et les stèles des lettrés, et la direction de la prière de la salle est toujours tournée vers l’ouest.

Documents historiques

《清净寺阿拉伯文建寺铭》 (Inscription arabe de fondation de la Mosquée Qingjing)

إن أول مسجد للناس في هذا [هذه] الأرض كان هذا المسجد المبارك المسمى العتيق والمقدس … بالجامع والشارع الملقب مسجد الأصحاب وكان ذلك في تاريخ سنة أربعمائة من الهجرة النبوية وبعد ما مضى من تاريخه المذكور ثلثمائة سنة عمره وجدده … وأسس هذا الطاق العالي والرواق الرفيع والباب الكريم والشبابيك الجديدة أتمه في تاريخ سنة عشر وسبعمائة للهجرة طلبا لمرضات الله تعالى أحمد بن محمد القدسي المعروف بحاجي ركن الشيرازي غفر الله له ولمن عاونه بمحمد وآله

此地人们的第一座礼拜寺,就是这座最古老、悠久、吉祥的礼拜寺,名称“艾苏哈卜寺”,建于回历四百年,即公元1009年至1010年。三百余年后,艾哈迈德·本·穆罕默德·古德斯,即设拉子著名的鲁克伯哈只,修复并更新了它,建筑高悬的穹顶、加阔了甬道,重修了高贵的寺门并翻新了窗户,于回历七百一十年,即公元1310年至1311年竣工。他为求真主喜悦而完成此事。愿真主因穆罕默德及其家属宽恕他和协助他的人。

La première mosquée pour les gens de ce lieu est cette mosquée, la plus ancienne, la plus vénérable et la plus bénie, du nom de « mosquée d’Ashab », édifiée en l’an 400 de l’Hégire, soit entre 1009 et 1010 de notre ère. Plus de trois siècles après, Ahmad ibn Muhammad al-Qudsi, connu comme Rukn le Haji de Chiraz, la restaura et la rénova : il rehaussa la coupole suspendue en son sommet, élargit le passage, reconstruisit la noble porte du temple et rénova les fenêtres, achevant l’ouvrage en l’an 710 de l’Hégire, soit entre 1310 et 1311 de notre ère. Il mena cette entreprise pour rechercher l’agrément de Dieu. Que Dieu, par Mahomet et sa famille, pardonne à lui et à ceux qui l’ont assisté.

Inscription arabe de fondation sur le portail de la Mosquée Qingjing, an 710 de l'Hégire (1310—1311) ; d'après la transcription et la traduction anglaise de l'arabe établies par Ahmed Ameen et Hamada Hagras en 2025 et la traduction publiée par le Gouvernement populaire municipal de Quanzhou

《泉州府志》 (Quanzhou Fuzhi, Monographie de la préfecture de Quanzhou)

清净寺在郡城道淮街北府学之东。宋绍兴间,回人兹喜鲁丁自撒那威来泉所造,楼塔高敞,相传为文庙青龙之左角,教以沐浴事天为本。详三山吴鉴记中。元至正间,寺坏,里人金阿里修之。国朝正德间,住持夏彦高鸠众重修。隆庆丁卯,木塔坏,知府万庆捐俸,令住持夏东升、教人苏养正等修塔五层。万历三十七年,地大震,楼颓其角,而寺中房屋占住几百余人,污秽破坏。知府姜志礼、知县李待问捐俸重修,悉驱出之,仍搆亭宇,寺为一清,令教人林耀、住持夏禹董其役。孝廉李光缙有记。

La mosquée Qingjing se trouve dans la ville de la préfecture, au nord de la rue Daohuai et à l’est de l’école préfectorale. Sous l’ère Shaoxing des Song, elle fut construite par le musulman Zixiluding, venu à Quanzhou depuis Siraf ; sa tour-portail est haute et spacieuse, et l’on dit qu’elle occupe l’angle gauche du Dragon vert du temple de Confucius ; sa doctrine a pour fondement les ablutions et le service du Ciel. Les détails figurent dans la notice de Wu Jian de Sanshan. Sous l’ère Zhizheng des Yuan, le temple tomba en ruine et le villageois Jin Ali le répara. Sous l’ère Zhengde de notre dynastie, l’administrateur Xia Yangao rassembla les fidèles et le reconstruisit. En l’année dingmao de l’ère Longqing, la tour de bois s’écroula ; le préfet Wan Qing fit don de son traitement et ordonna aux administrateurs Xia Dongsheng et au fidèle Su Yangzheng, entre autres, de restaurer les cinq étages de la tour. La trente-septième année de l’ère Wanli, un grand tremblement de terre fit s’effondrer un angle de la tour ; les bâtiments du temple étaient occupés par plus d’une centaine de personnes, souillés et dévastés. Le préfet Jiang Zhili et le magistrat de district Li Daiwen firent don de leur traitement pour le reconstruire, en expulsèrent tout le monde, relevèrent les pavillons, et le temple fut purifié ; ils confièrent les travaux au fidèle Lin Yao et à l’administrateur Xia Yu. Le lettré Li Guangjin en a laissé une notice.

*Quanzhou Fuzhi* (Monographie de la préfecture de Quanzhou), juan 24, « Miscellanées · Temples et monastères » ; compilée par Yang Siqian des Ming, édition xylographique de l'ère Wanli

至正十七年,万户赛甫丁、阿迷里可反,据泉州,民被荼毒。是年,鼎寇伊守礼啸聚,复攻同安监邑,马哈谋沙力战走之。

La dix-septième année de l’ère Zhizheng, les commandants de dix mille Saifuding et Amilike se révoltèrent et s’emparèrent de Quanzhou, et le peuple fut cruellement tourmenté. Cette même année, le brigand Yi Shouli rassembla ses partisans et attaqua de nouveau le district de Tong’an ; Mahamousha combattit avec vaillance et le mit en fuite.

*Quanzhou Fuzhi* (Monographie de la préfecture de Quanzhou), juan 73, « Chronique des guerres » ; compilée par Huang Ren des Qing, édition xylographique de l'ère Qianlong

二十二年,回寇那兀纳叛据泉州。官军至,千户金吉开门纳之,遂执兀纳。是年,陈友定攻泉州,陷之。

La vingt-deuxième année, le brigand musulman Nawuna se révolta et s’empara de Quanzhou. À l’arrivée des troupes impériales, le commandant de mille Jin Ji ouvrit les portes pour les laisser entrer, et Wuna fut ainsi capturé. Cette même année, Chen Youding attaqua Quanzhou et la prit.

*Quanzhou Fuzhi* (Monographie de la préfecture de Quanzhou), juan 73, « Chronique des guerres » ; compilée par Huang Ren des Qing, édition xylographique de l'ère Qianlong

《重立清净寺碑》 (Stèle de la Réinstauration de la Mosquée Qingjing)

其在郡城,有清净寺云。元三山吴鉴清净寺记:西出王关万余里,有国曰大食,于今为帖直氏。北连安息、条支,东隔土番、高昌,南距云南、安南,西渐于海,地莽平,广袤数万里,自古绝不与中国通,城池宫室,园圃沟渠,田畜市列,与江淮风土不异。寒暑应候,民物繁,种五谷、蒲萄诸果。俗重杀,好善,书体旁行,有篆、楷、草三法。著经史诗文、阴阳、星历、医药音乐,皆极精妙。制造织文、雕缕器皿尤巧。

Dans la ville de la préfecture se trouve, dit-on, la mosquée Qingjing. La Notice sur la Mosquée Qingjing de Wu Jian de Sanshan, sous les Yuan, dit : à plus de dix mille li à l’ouest, une fois passée la Porte du Roi, il est un pays nommé Dashi, aujourd’hui gouverné par le clan Tiezhi. Au nord, il touche à Anxi et à Tiaozhi ; à l’est, il est séparé de Tufan et de Gaochang ; au sud, il s’étend jusqu’au Yunnan et à l’Annam ; à l’ouest, il gagne la mer. C’est une terre vaste et plate, de plusieurs dizaines de milliers de li d’étendue, qui de tout temps n’eut aucun commerce avec la Chine ; ses remparts et ses palais, ses jardins et ses canaux, ses champs, ses troupeaux et ses marchés ne diffèrent en rien de ceux des contrées du Yangtsé et de la Huai. Le froid et le chaud suivent les saisons, le peuple et les biens sont abondants, et l’on y cultive les cinq céréales, la vigne et toutes sortes de fruits. Ses mœurs réprouvent la tuerie et prisent la bienveillance ; son écriture court de côté et compte trois styles : sigillaire, régulier et cursif. Ses ouvrages de doctrine, d’histoire, de poésie et de prose, de cosmologie, d’astronomie et de calendrier, de médecine et de musique sont tous d’un extrême raffinement. Dans la fabrication des étoffes ouvragées et la ciselure des vases, ils sont particulièrement habiles.

初,默德那国王别谙拔尔谟罕蓦德,生而神灵,有大德,臣服西域诸国,咸称圣人。别谙拔尔犹事言天使,盖尊而号之也。其教以万物本平天,天一理无可像,故事天至虔,而无像设。每岁斋飞一月,更衣沐浴,居必易常处,日西向拜天,净心诵经。经本天人所授三十藏,计一百一十四部,凡六千六百六十六卷。旨义渊微,以至公无私,正心修德为本,以祝圣化民,周急解厄为事。持己接人,内外慎敕,迄今八百余岁。国俗严奉尊信,虽适殊域,传子孙,累世不敢易。

Au commencement, le roi du pays de Médine, Bie’anba’er Mohammed, naquit doué d’un esprit divin et d’une grande vertu ; il soumit les divers pays des Régions occidentales, et tous l’appelèrent saint. « Bie’anba’er » revient à dire « envoyé du Ciel » : c’est un titre de révérence qu’on lui donna. Sa doctrine tient que toutes choses tirent leur origine du Ciel, que le Ciel est un principe unique dont on ne peut faire d’image ; c’est pourquoi l’on sert le Ciel avec la plus grande dévotion, sans images. Chaque année, il est un mois de jeûne : on change de vêtements et l’on fait des ablutions, on change obligatoirement de résidence habituelle et, tourné vers l’ouest, on vénère chaque jour le Ciel et l’on récite les Écritures le cœur purifié. Les Écritures, transmises par des êtres célestes et humains, comprennent trente recueils, en tout cent quatorze livres et six mille six cent soixante-six rouleaux. Leur sens est profond et subtil ; elles ont pour fondement l’impartialité absolue, la rectitude du cœur et la culture de la vertu, et pour tâche d’invoquer le Saint afin de transformer le peuple, de secourir l’indigent et de délivrer de l’infortune. Dans leur conduite et leurs rapports avec autrui, ils sont scrupuleux au-dedans comme au-dehors ; ils en sont ainsi depuis plus de huit cents ans. Les mœurs du pays observent et vénèrent cette foi avec rigueur : même en gagnant des terres étrangères, ils la transmettent à leurs fils et petits-fils et, de génération en génération, n’osent la modifier.

宋绍兴元年,有纳只卜穆兹喜鲁丁者,自撒那威从商舶来泉,创兹寺干泉州之南城。造银灯香炉以供天,买土田房屋以给众,后以没塔完里、阿哈味不任,寺坏不治。至正丸年,闽海宪佥赫德尔行部至泉,摄思廉夏不鲁罕丁命舍剌甫丁哈悌卜领众分诉宪公任达鲁花赤,高昌契王立至,议为之征复旧物,众志大悦。于是里人金阿里愿以己赀一新其寺,征余文为记,其略如此。碑末言夏不鲁罕丁年一百二十岁,博学有才德,精健如中年。其曰摄思廉,犹言主教也。其曰没塔完里,犹言都寺也。

La première année de l’ère Shaoxing des Song, un certain Naziboo Muzixiluding vint à Quanzhou depuis Siraf à bord d’un navire marchand et fonda cette mosquée dans la ville méridionale de Quanzhou. Il fit des lampes d’argent et des brûle-parfums pour vénérer le Ciel et acheta des terres et des maisons pour l’entretien de la communauté ; plus tard, comme le motawali et l’ahong ne remplissaient pas leur office, la mosquée tomba en ruine et ne fut pas réparée. La neuvième année de l’ère Zhizheng, le sous-commissaire de surveillance du Minhai, Heder, arriva en tournée d’inspection à Quanzhou ; l’imam Xia Buluhanding chargea Sherafuding Hatibu de conduire la communauté pour porter plainte devant le seigneur commissaire et le darughachi, et le prince Qi de Gaochang accourut sur-le-champ et convint de réclamer et de recouvrer les anciens biens, à la grande joie de tous. Alors le villageois Jin Ali voulut renouveler entièrement la mosquée de ses propres deniers et me demanda un texte en guise de notice ; en résumé, il en fut ainsi. À la fin de la stèle, il est dit que Xia Buluhanding avait cent vingt ans, était d’une vaste érudition, de talent et de vertu, et aussi vigoureux qu’un homme d’âge moyen. Ce qu’on appelle « imam » revient à dire « maître de la doctrine » ; ce qu’on appelle « motawali » revient à dire « supérieur de la mosquée ».

*Min Shu* (Livre du Fujian), rubrique Minqing, juan 7, reproduisant la *Notice sur la Mosquée Qingjing* de Wu Jian des Yuan ; compilé par He Qiaoyuan des Ming, édition xylographique

《重修清净寺碑记》 (Notice de la Reconstruction de la Mosquée Qingjing)

清净之教,流入中土,自隋开皇始。经首言真主,以真命为天主,真心为人主,故其教主于斋戒沐浴以事天。凡一年必有一月之斋,如吾中国岁首月是也;凡一月必有四日之斋,值亢牛娄鬼之日是也。拜必沐浴,非沐浴不敢入拜;斋必素食,非见星不敢尝食。教主遇斋,率众诵经,西向罗列,但有膜拜,而无供养,此教之大凡也。郡建寺楼,相传宋绍兴间兹喜鲁丁自撒那威来泉所造。楼峙文庙青龙之左角,有上下层,以西向为尊。临街之门从南入,砌石三圜以象天,其左右壁各六合,若九门,追琢皆九九数,取苍穹九天之义。内圆顶象天,上为望月台,下两门相峙而中方,取地方象。入门转西级而上,曰下楼。南级上曰上楼。下楼石壁门从东入,正西之座曰奉天坛。中圜象太极,左右二门象两仪,西四门象四象,南八门象八卦,北一门以象乾元。天开于子,故曰天门。柱十有二,象十二月。上楼之正东曰祝圣亭,亭之南为塔四,围柱于石城,设二十四窗,象二十四气。西座为天坛,所书皆经言云。登楼睇之,清源在北,鸿渐在南,葵山在西,灵山在东,紫帽在西南,宝盖、天马在东南,凤山在东北,朋山在西北。众峰迤列,如屏如垒,溪水从西来,二长虹阑之,大瀛海汪洋其东。俯瞰城中,千雉如带,双塔插天,通衢曲巷,飞甍联檐,四望一览,在趾踵下。楼北有堂,郡太守万灵湖公额曰“明善堂”。以楼为正峰,横河界之,通海水潮汐,短桥以济。异时教众,每于月斋、日斋,登楼诵经,已毕,退休息于此堂之上。寺极观备是矣。胜国以前,递坏递兴,无得而纪。按碑载:元至正有回夏不鲁罕丁与里人金阿里修之。明兴,不知凡几缮。隆庆丁卯,塔坏,住持夏东升鸠众修之,太守万灵湖公捐俸以助。今万历三十五年,地大震,暴风淫雨,楼栋飘摇倾圮日甚。住持夏日禹率父老子弟请余修之,余曰:公役也,有赀舍财,无赀舍力,无乾没,无冒破,以成厥胜。众皆欣然。时丁君哲初以吏部郎请给里居,与余谋佥同,于是始事。先是楼北无庭除,左设居房,右置竃舍,中道如甬,后为占住者屠牛之垣,余是以移去之,易居为洗心亭,除竃为小西天。庭空月碧,楼影徘徊,亭光翼之,若增一胜。楼之坏者葺,欹者正,仆者隆起。因集颜鲁公“遥天楼”三字额之。又题曰“唯天为大”,以晓人尊天之意。逮及明善之堂,翕然改观矣,余乃记之。

La doctrine de Qingjing (la pureté) pénétra dans les Terres du Milieu à partir de l’ère Kaihuang des Sui. Ses Écritures commencent par parler du Vrai Seigneur, tenant le vrai mandat pour Seigneur du Ciel et le cœur vrai pour maître de l’homme ; c’est pourquoi sa doctrine a pour axe le jeûne et les ablutions afin de servir le Ciel. Chaque année, il y a nécessairement un mois de jeûne, comme l’est chez nous, les Chinois, le premier mois de l’année ; chaque mois, il y a nécessairement quatre jours de jeûne, qui tombent aux jours des loges Kang, Niu, Lou et Gui. Pour prier, il faut faire des ablutions ; sans ablutions, on n’ose entrer prier. Pour le jeûne, on mange maigre ; sans voir paraître les étoiles, on n’ose goûter à rien. Quand le maître de la doctrine observe le jeûne, il conduit la communauté dans la récitation des Écritures, rangés vers l’ouest ; il n’y a que des prosternations, mais point d’offrandes : tel est, en gros, cette doctrine. La tour-temple de la préfecture, selon la tradition, fut construite par Zixiluding, venu à Quanzhou depuis Siraf sous l’ère Shaoxing des Song. La tour se dresse à l’angle gauche du Dragon vert du temple de Confucius ; elle a un étage haut et un étage bas, et honore l’orientation à l’ouest. La porte donnant sur la rue s’ouvre au sud ; trois arcs de pierre y symbolisent le Ciel, et ses murs de droite et de gauche comptent chacun six divisions, comme neuf portes, toutes ciselées selon le nombre neuf fois neuf, prenant le sens des neuf cieux de la voûte céleste. À l’intérieur, la coupole ronde symbolise le Ciel ; au-dessus se trouve la plateforme d’observation de la lune, en dessous deux portes se font face avec un centre carré, prenant l’image de la Terre carrée. Une fois la porte franchie, on monte par un escalier vers l’ouest : c’est la tour basse. En montant par l’escalier du sud, c’est la tour haute. Dans la tour basse, la porte du mur de pierre s’ouvre à l’est ; le siège de l’ouest se nomme salle de prière. Le cercle central symbolise le Taiji ; les deux portes de droite et de gauche, les deux principes ; les quatre portes de l’ouest, les quatre figures ; les huit portes du sud, les huit trigrammes ; l’unique porte du nord symbolise le Qian primordial. Le Ciel s’ouvre à l’heure zi, d’où le nom de Porte du Ciel. Il y a douze colonnes, qui symbolisent les douze mois. Juste à l’est de la tour haute se trouve le pavillon de la Félicitation au Saint ; au sud du pavillon, il y a quatre tourelles, aux colonnes entourées d’un mur de pierre, et l’on y dispose vingt-quatre fenêtres qui symbolisent les vingt-quatre périodes solaires. Le siège de l’ouest est l’autel du Ciel, et ce qui y est écrit, ce sont toutes des paroles des Écritures. En montant à la tour et en regardant : au nord, le mont Qingyuan ; au sud, le Hongjian ; à l’ouest, le Kui ; à l’est, le Ling ; au sud-ouest, le Zimao ; au sud-est, le Baogai et le Tianma ; au nord-est, le Fengshan ; au nord-ouest, le Pengshan. Les cimes s’alignent en serpentant, comme des paravents et comme des remparts ; les eaux du torrent viennent de l’ouest, barrées par deux longs arcs-en-ciel, et le grand océan s’étend, immense, à l’est. En regardant vers le bas, dans la ville, mille créneaux semblent une ceinture, deux pagodes se plantent dans le ciel, avenues et ruelles sinueuses, avant-toits volants et corniches enchaînées : tout s’embrasse d’un coup d’œil aux quatre points cardinaux, sous les pieds. Au nord de la tour, il y a une salle que le préfet Wan Linghu intitula « Salle de l’Élucidation du Bien ». Ayant la tour pour cime principale, un fleuve la sépare transversalement, communiquant avec les marées de la mer, et un petit pont permet de le franchir. Autrefois, la communauté des fidèles, à chaque jeûne mensuel et jeûne quotidien, montait à la tour réciter les Écritures et, cela achevé, se retirait pour se reposer dans cette salle. Tout ce qu’un temple peut avoir d’admirable est ici. De l’époque antérieure à la dynastie vaincue, comment il se ruina et se releva tour à tour ne saurait être consigné. Selon ce que portent les stèles, sous l’ère Zhizheng des Yuan, le musulman Xia Buluhanding et le villageois Jin Ali le réparèrent. Depuis l’essor des Ming, on ne sait combien de fois il fut remis à neuf. En l’année dingmao de l’ère Longqing, la tour s’écroula ; l’administrateur Xia Dongsheng rassembla les fidèles et la répara, et le préfet Wan Linghu fit don de son traitement pour y aider. Or, la trente-cinquième année de l’ère Wanli, il y eut un grand tremblement de terre, avec des tempêtes violentes et des pluies excessives, et les bâtiments de la tour chancelaient et s’effondraient chaque jour davantage. L’administrateur Xia Riyu, à la tête des anciens et des jeunes, me pria de la restaurer. Je dis : c’est un ouvrage public ; que celui qui a des ressources donne des biens, que celui qui n’en a pas donne sa peine ; que nul ne détourne ni ne dilapide, afin de mener l’entreprise à bien. Tous acquiescèrent de bon gré. À ce moment, le sieur Ding Zhechu, fonctionnaire du ministère du Personnel, avait demandé à se retirer dans son pays natal, et il partagea mon dessein, si bien que l’ouvrage commença. Auparavant, au nord de la tour il n’y avait point de cour : à gauche se trouvaient des logements, à droite des cuisines, et le passage central était comme un corridor ; par-derrière, les occupants avaient un enclos où ils abattaient des bœufs. Je les fis retirer, transformai les logements en pavillon de la Purification du Cœur et convertis les cuisines en Petit Paradis de l’Ouest. La cour resta dégagée sous une lune azurée, l’ombre de la tour s’y balançait et la lumière du pavillon l’escortait, comme si l’on ajoutait un charme de plus. De la tour, on rapiéça ce qui était endommagé, on redressa ce qui penchait et on releva ce qui était tombé. Et je réunis les trois caractères « Tour du Ciel lointain », de Yan Lugong, pour l’enseigne. J’inscrivis en outre « Seul le Ciel est grand », pour faire comprendre aux gens l’idée de vénérer le Ciel. Et jusqu’à la Salle de l’Élucidation du Bien changea entièrement d’aspect ; alors je le consignai.

余按净教之经,默德那国王谟罕蓦所著,与禅经并来西域,均非中国圣人之书。但禅经译而便于读,故至今学士谭之;而净教之经,未重汉译,是以不甚盛行于世。然以余所观,释氏书多祖心经。其始译,则沙门玄奘奉诏为之,岂其人通夷语解佛理,果无鲁鱼亥豕之误乎?唐一时君臣,奉若天书,即二帝三王之经不啻,上好而下必甚,是以萧瑀、傅奕之徒皆言佛,而佛经滋多于是矣。吾以为玄奘之译,未必尽无讹,而《金刚》、《楞严》、《圆觉》、《法华》以下之书,岂必其真从西至也?禅经译而经杂,净经不译而经不杂。译者可言而亦可知,知之则愈幻,不译者不可知而可言,徒读之,未尽舛。尝按是以思,儒有声色臭味、安佚不谓性之说,禅之教近之,故不有其眼耳鼻舌身意,而空之于一切,但言性而不言命;儒有仁义礼智、天道不谓命之说,净之教近之,故有其君臣父子夫妇而归之于事天,但言命而不言性。之二者,习之而善,各有得;习之而不善,均不能无失。乃今之习净教者何如也?沿其迹,不得其真性。往物肇于饮食之弥,文踵率其出沐之故事,曾于“维天之命”一置思否?甚则以肉食为斋,以净为教矣。是以世俗见其然,信禨祥者,既已其□关于死生祸福之籍而忽之;皈慈悲者,又以其多不合于斧斤芒刃之用而□之。故清净氏之言天堂,反不如释氏之言地狱。虽其先守教之家,今亦掉臂而叛去,此教之所繇衰,而寺之所繇圮,乃未趋渐失使然耳,岂其初立教之本旨哉?说者谓儒道如日中天,释道如月照地,余谓净教亦然。韩昌黎欲于佛火其书、庐其居,此愤激太过之论。茫茫区宇,何所不有?邹鲁六籍之外,百家九流,亦足补苴大道,何必尽非?上帝临汝,无贰尔心,吾于斯楼取其为事天之所;多言释道,不如冥冥,民可使由,不可使知,吾于经取其不译而已矣。夫是以议修复之,非徒以区区灵光之迹也。

J’observe que les Écritures de la doctrine de la pureté, composées par le roi du pays de Médine, Mahomet, parvinrent aux Régions occidentales en même temps que les Écritures du Chan (bouddhiques), et que ni les unes ni les autres ne sont des livres des saints de Chine. Mais les Écritures du Chan furent traduites et sont aisées à lire, si bien que les lettrés en discourent aujourd’hui encore ; en revanche, les Écritures de la doctrine de la pureté n’ont pas eu droit à une traduction chinoise, et c’est pourquoi elles ne se sont guère répandues dans le monde. Cependant, à mon avis, les livres bouddhiques se fondent pour la plupart sur le Sûtra du Cœur. Sa première traduction fut faite par décret impérial par le moine Xuanzang ; mais lui, qui connaissait les langues étrangères et comprenait la doctrine du Buddha, fut-il vraiment exempt d’erreurs de copie ? En un temps, souverain et ministres des Tang le vénérèrent comme un livre céleste, non moins que les Écritures des deux empereurs et des trois rois ; et quand ceux d’en haut goûtent une chose, ceux d’en bas l’exagèrent, de sorte que des gens comme Xiao Yu et Fu Yi parlaient tous du Buddha, et qu’ainsi les Écritures bouddhiques se multiplièrent. Je pense que la traduction de Xuanzang n’est pas nécessairement exempte de fautes, et que des livres tels que le Diamant, le Shûrangama, l’Éveil parfait, le Lotus et les autres proviennent-ils forcément vraiment de l’Ouest ? Les Écritures du Chan, traduites, devinrent mêlées ; celles de la pureté, non traduites, demeurèrent sans mélange. Ce qui se traduit peut s’exposer et aussi se comprendre, et plus on le comprend, plus cela devient illusoire ; ce qui ne se traduit pas ne peut se comprendre mais peut se réciter, et qui se borne à le réciter ne se fourvoie pas tout à fait. Méditant là-dessus : les confucéens ont la doctrine selon laquelle les sons, les couleurs, les odeurs, les saveurs et l’aisance ne se nomment pas « nature » ; l’enseignement du Chan s’en approche, car il nie les yeux, les oreilles, le nez, la langue, le corps et l’esprit et vide tout, ne parlant que de la nature et non du mandat. Les confucéens ont la doctrine selon laquelle la bienveillance, la justice, le rite, la sagesse et la voie du Ciel ne se nomment pas « mandat » ; l’enseignement de la pureté s’en approche, car il conserve le rapport entre souverain et sujet, père et fils, mari et femme, et le rapporte au service du Ciel, ne parlant que du mandat et non de la nature. De ces deux, qui les pratique bien tire profit de chacune ; qui les pratique mal ne peut éviter l’erreur dans les deux. Or, comment sont aujourd’hui ceux qui pratiquent la doctrine de la pureté ? Ils en suivent les traces sans en atteindre la vraie nature. Du passé, ils ne gardent que l’abondance du manger et du boire, suivent à la lettre les vieilles pratiques de sortir faire ses ablutions : ont-ils jamais, ne fût-ce qu’une fois, médité sur « le mandat du Ciel » ? Au point de prendre le fait de manger de la viande pour un jeûne et la seule pureté pour une doctrine. Aussi le vulgaire, les voyant ainsi : les uns, qui croient aux présages, les dédaignent parce que leur registre touchant à la vie, à la mort, à la fortune et à l’infortune […] ; les autres, qui se réfugient dans la compassion, les […] parce qu’ils ne conviennent guère à l’usage de la hache et de la lame. C’est pourquoi le discours des tenants de la pureté sur le paradis se révèle moins efficace que celui des bouddhistes sur l’enfer. Même les familles qui gardaient jadis la doctrine s’en détournent aujourd’hui avec dédain ; que cette doctrine décline et que le temple tombe en ruine tient à ce déclin graduel, et non au dessein originel de celui qui fonda la doctrine. D’aucuns disent que la doctrine confucéenne est comme le soleil au zénith et la bouddhique comme la lune qui éclaire la terre ; je dis qu’il en va de même de la doctrine de la pureté. Que Han Changli ait voulu brûler les livres du Buddha et faire de ses demeures des chaumières est un jugement d’une indignation excessive. Dans l’immensité de l’univers, qu’est-ce qui n’existe pas ? Hors des six classiques de Zou et de Lu, les cent écoles et les neuf courants suffisent aussi à compléter la grande voie ; pourquoi faudrait-il tout rejeter ? « Le Souverain d’en haut veille sur toi, n’aie point le cœur partagé » : de cette tour, je retiens sa qualité de lieu pour servir le Ciel. Mieux vaut que force discours sur les doctrines bouddhiques le silence obscur : « on peut faire suivre au peuple la voie, mais non la lui faire comprendre » ; des Écritures, je ne retiens que le fait qu’elles ne soient pas traduites. C’est pour tout cela que je résolus d’en proposer la restauration, et non simplement pour les rares vestiges de son ancienne splendeur.

是役也,郡大夫姜公、邑大夫李公谓兹楼之胜,于文庙有关,捐俸助修,及里中诸大夫君子相与协力成之,余何力之有焉?役始于万历戊申岁之六月,竣于己酉岁之九月,费金百有奇。董役则林日耀、任才锺、李东燫、王廷华,募缘则夏日禹、何仕全、何天启,而昼夜殚心竭力,以稽工实,则日耀之功居多。例得并书。

Quant à cet ouvrage, le sieur Jiang, dignitaire de la préfecture, et le sieur Li, dignitaire du district, estimant que la splendeur de cette tour intéressait le temple de Confucius, firent don de leur traitement pour aider à la restauration, et les divers dignitaires et gentilshommes de la communauté conjuguèrent leurs efforts pour l’achever : quel mérite y ai-je eu ? L’ouvrage commença au sixième mois de l’année wushen de l’ère Wanli et s’acheva au neuvième mois de l’année jiyou, pour une dépense d’un peu plus de cent pièces d’or. Dirigèrent les travaux Lin Riyao, Ren Caizhong, Li Donglian et Wang Tinghua ; recueillirent les dons Xia Riyu, He Shiquan et He Tianqi ; et celui qui, jour et nuit, mit tout son cœur et toute sa force à surveiller la marche effective des travaux fut, avant tout, Riyao. Selon l’usage, il convient de tout consigner pareillement.

万历叁拾柒年岁在己丑秋重阳之吉,儒林门人李光缙、宗谦甫顿首拜撰。

Rédigé avec une révérence par Li Guangjin, alias Zongqianfu, disciple du cercle confucéen, au jour propice du Double Neuf, en automne de l’année jichou, trente-septième année de l’ère Wanli.

*Notice de la Reconstruction de la Mosquée Qingjing*, trente-septième année de l'ère Wanli des Ming, rédigée par Li Guangjin ; texte d'après *Inscriptions religieuses sur pierre de Quanzhou (édition augmentée)*, œuvre originale de Wu Wenliang, augmentée par Wu Youxiong, collationné sur la photographie de la stèle publiée par le Gouvernement populaire municipal de Quanzhou

《永乐五年敕谕碑》 (Stèle de l’Édit impérial de la cinquième année de Yongle)

大明皇帝敕谕米里哈只

Édit impérial de l’Empereur de la Grande Dynastie Ming à Miri Haji

朕惟能诚心好善者必能敬天事上劝率善类阴翊皇度故天赐以福享有无穷之庆尔米里哈只早从马哈麻之教笃志好善导引善类又能敬天事上益效忠诚眷兹善行良可嘉尚今特授尔以敕谕护持所在官员军民一应人等毋得慢侮欺凌敢有故违朕命慢侮欺凌者以罪罪之故谕

Nous considérons que quiconque, d’un cœur sincère, aime le bien sait nécessairement vénérer le Ciel et servir ceux d’en haut, exhorter et guider les gens de bien et soutenir en secret l’ordre impérial ; c’est pourquoi le Ciel lui accorde le bonheur et lui fait jouir d’une félicité sans fin. Toi, Miri Haji, tu as suivi de bonne heure la doctrine de Mahomet, tu t’es voué avec fermeté au bien et tu as guidé les gens de bien, et de plus tu as su vénérer le Ciel et servir ceux d’en haut et redoubler de loyauté. Prisant cette belle conduite, vraiment digne d’éloge, je te confère aujourd’hui tout spécialement cet édit de protection. Tous les fonctionnaires, soldats et sujets des lieux où tu passeras ne devront pas te dédaigner, t’humilier ni te brimer ; quiconque osera contrevenir à mon ordre et te dédaigner, t’humilier ou te brimer sera châtié selon la loi. Ainsi soit-il proclamé.

永乐五年五月十一日

Onzième jour du cinquième mois de la cinquième année de l’ère Yongle.

*Stèle de l'Édit impérial*, onzième jour du cinquième mois de la cinquième année de l'ère Yongle des Ming ; transcrite d'après la photographie de la stèle publiée par le Gouvernement populaire municipal de Quanzhou

Photographies historiques

1910

Les images suivantes figurent dans Mémoire sur les antiquités musulmanes de Ts’iuan-Tcheou, ouvrage conjoint de Greg. Arnáiz et Max van Berchem, publié en 1911 dans le volume XII du T’oung Pao. Arnáiz consigne expressément dans le texte qu’il photographia lui-même les inscriptions sur pierre à Quanzhou le 31 octobre 1910, et van Berchem précise de même que les photographies servant de base aux planches de la mosquée Qingjing furent prises par Arnáiz sur place ; l’édition originale n’ayant pas daté séparément chaque planche, on les indique comme « vers 1910 ».